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“ MESDAMES ET MESSIEURS, IL Y A UN COUPABLE PARMI NOUS ! ”
Cette première sentence place le décor de ce tribunal sombre et burlesque à la fois
Autour des quatre membres de la
Cour viennent s’entrecroiser une
poignée de témoins.
Vous les reconnaissez sans doute, ce
sont Mireille et Mr Bruno et tous les
autres. Au travers de ce défilé de
témoignages piquants, de cette
effusion de bons mots, un
objectif plus ou moins commun se
dessine : juger notre accusé.
Ce pauvre coupable désigné parmi
les spectateurs.
Mais coupable de quoi ?
De se taire même s’il veut parler, de
sourire même s’il est inculpé, et peut
être, et même surtout, de ne pas
réagir devant cette mascarade
surnommée justice.
Mais à bien y réfléchir, tout le
monde est coupable et manipulable :
non ?!
L’accusé, le juge, le metteur en
scène, vous, nous.
La justice réussira-t-elle à
triompher ?
Facétieux autant qu’impétueux,
ce procès ne vous laissera pas
indifférent car vous ne pourrez en
sortir tout à fait innocent !
Pour aller plus loin
Le “Spectateur Condamné à
Mort” figure parmi les premiers
combats de Matéi Visniec qui
dénonce ici les parodies de
justice, dont malheureusement
aucune société n'a l'exclusivité.
Ecrite en Roumanie sous
Caucescu, cette pièce exprime
sur un mode férocement comique
le sentiment d'oppression de
l'auteur face au totalitarisme
obtus et omniprésent
Après la chute de Nicolae
Ceausescu en 1989, Matéi
Visniec est redécouvert en
Roumanie et devient l’un des
auteurs les plus joués.
Ses pièces sont créées avec
succès partout dans le monde et
de nombreux prix couronnent
son travail, en France (où il
réside depuis 1987) et en
Roumanie.
Ce « résistant culturel » nous
démontre ici la puissance du
théâtre et de la poésie à agir.
« Le monde est un théâtre,
c’est bien connu. Parodie de
justice, Le spectateur
condamné à mort est une
parodie de pièce, une parodie
du monde. Tout s’y confond,
acteurs, auteur, metteur en
scène, spectateurs, juges,
accusés, accusateur, défenseur
et témoins. Le monde entier
est un vaste tribunal …et la
représentation théâtrale,
opération cathartique
absolue, est une gageure ! »
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